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PRESENTATION DES RURAUX

Ce site veut traiter des bâtiments ruraux en Valais et propose, dans un premier temps, de documenter la restauration et la réhabilitation en logement d'un raccard de 1773 sis à Daillon (photo 1) dans les hauts de Conthey (VS).

L'autarcie du Valais a subsisté jusqu'à la fin du XIXème siècle. Le Valais du XXe siècle s'est ouvert au tourisme et à la modernité (routes,...). Ce changement économique a créé naturellement de nouveaux besoins dans le domaine de l'architecture. Le tourisme et le changement des moeurs modifie l'aspect des villages et tend à transformer et à faire disparaître les témoins de l'architecture traditionnelle.

A l'époque la proportion des bâtiments agricoles pouvait représenter les 2/3 du volume bâti d'une localité. Aujourd'hui beaucoup de raccards sont délaissés ou détruits. Pourtant le raccard est l'essence même du village et l'élément le plus spécifique du patrimoine rural valaisan. L'harmonie de matériaux et de forme du raccard est en accord avec son milieu et lui confère une identité forte.

Le raccard est aussi digne d'introduire d'autres thèmes tels que les granges, les greniers et les mayens qui seront abordés dans ce site (photo 2).

 

LE RACCARD

Un raccard est une construction en bois posée sur pilotis, les pilets (photo 3), et des pierres plates nommées palets pour que les souris et autres rongeurs ne puissent pas y entrer. C'est la grange à blé pour la moisson, l'élément fondamental de la vie rurale valaisanne car il fallait assurer un pain quotidien abondant à la famille. Le pain de seigle qui se conservait longtemps était la nourriture de base. La localisation du raccard est souvent à une certaine distance des habitations car le grain n'était utilisé que pour les cuites au four banal.

Il possède la plupart du temps un étage que l'on gravit depuis l'extérieur, au moyen d'une échelle de meunier. Les raccards ainsi que les granges à foin appartiennent à plusieurs propriétaires; ceux-ci doivent s'entendre dans l'utilisation de l'étable. On suit le droit coutumier. Aujourd'hui le seigle a été remplacé par le foin récolté dans les prairies.

Le raccard a une aire centrale (photo 4) où on battait le blé en hiver autrefois. Le grain extrait était vanné, mis en sacs et amené aux moulins ou conservé dans des coffres. Parallèlement à cette aire centrale, chaque propriétaire a un ou plusieurs compartiments destinés à la conservation des gerbes de seigle. Des cloisons de planches servent à séparer les avoirs de chacun. 

A l'époque on moissone à la faucille. Le seigle est d'abord entreposé en gerbes, puis en sacs après battage sur l'aire. Si le blé est trop peu mûr, on sèche les gerbes sur les ruchines, les galeries qui entourent le raccard. C'est là que le blé finit de mûrir. Quand la saison était mauvaise il fallait rentrer le blé à moitié mûr et l'étendre sur les galeries.



LA GRANGE ECURIE

La grange entrepose le foin au dessus de l'étable pour le bétail qui passe l'hiver dans le village. Elle se trouve proche de la maison car le bétail demande une attention quotidienne.

Sur le plancher qui sépare la grange de l'étable se place le regain/foin qui finira de sécher grâce au foehn. Des parois de bois fractionnent l'espace. Lorsque les granges sont utilisées par plusieurs propriétaires on grave de petites croix sur les murs et cloisons pour délimiter l'espace de chacun.

Au XIXème siècle il était d'usage de maçonner les angles des granges et de fermer de planches le vide restant. L'économie de bois était conséquente par rapport aux anciennes granges en madriers.

LE GRENIER

Un grenier est une construction en bois posée normalement sur pilets et palets pour que les souris et autres rongeurs ne puissent pas y entrer. Il n'y a pas de règle unique concernant sa construction en bois et pierre. Mais le socle est généralement en pierre, muni de soupiraux pour l'aération.

Le grenier se situe en général proche de l'habitation et d'ordinaire de 2.5 m de côté. Il est constitué, par étage, de deux locaux bien séparés et fermés chacun par une porte donnant sur les galeries d’accès à l’extérieur. Chaque propriétaire y stocke la farine, la viande et autres denrées : les saucisses, le lard, la viande séchée mais aussi des ustensiles, des vêtements, etc. C'est là qu'on garde, dans des bahuts, les habits du dimanche. On y conserve aussi les valeurs : les semences, des documents, l'argent.

Un ou deux soupiraux étroits, munis d'un grillage, assurent l'aération dans le socle.

LE MAZOT DES VIGNES

Les mazots ont une utilité saisonnière. On les trouve dans les lieux viticoles. C'est l'habitation des agriculteurs des vallées pendant les travaux de la vigne.

Le mazot est composé d'un espace habitable avec de petites fenêtres et d'une grande cave avec porte au rez-de-chaussée. La cave est enterrée au maximum dans le sol afin de profiter de la fraicheur du terrain. Ses épais murs en moellons sont crépis avec un mortier de chaux.

 

LE MAYEN

Les mayens ont aussi une utilité saisonnière et sont nombreux en altitude. L'édifice a une porte et une fenêtre et c'est en général un bâtiment de deux étages où l'on engrangeait le foin à l'étage. Mais l'objectif principal de ce bâtiment est d'accueillir les bovins, au rez-de-chaussée, lors de la transhumance entre le village et l'alpage. Une trappe entre les deux étage sert de passage pour le foin.

Tout en remontant la vallée d'un mayen à l'autre, les troupeaux broutent l'herbe nouvelle, geste renouvelé en automne lors de la descente. Le mayen fait aussi office de logement durant les fenaisons et possède alors une cuisine et une chambre.

Le mayen n'est propriété que d'une seule famille. Avec l'arrivée des routes, l'utilisation des mayens a peu à peu disparu.

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